Joueb.com
Envie de créer un weblog ?
ViaBloga
Le nec plus ultra pour créer un site web.
Débarrassez vous de cette publicité : participez ! :O)

Sacha fait le tour de son nombril

Si tu regardes ton nombril et que ton nombril est intéressant,
alors tu atteindras l'universel
- Henry Miller -

Bribes de wagon

Retour de Grenoble. Train Lyon-Strasbourg, voiture 19. Place 21.

Un peu plus loin, de l'autre côté du couloir, deux gars discutent un peu fort. Je ne comprends rien, parce qu'ils parlent une langue roulante, presque orange - de l'espagnol. C'est joli, comme langue, ça berce, et en même temps c'est vivant, ça vibre comme une corde de violoncelle - la Hyène est en train de jouer au moment où j'écris.

Quelques temps après - combien je ne sais pas, on n'a pas la même notion du temps dans un train qui roule - mon oreille accroche quelques mots de français avec l'accent-corde-de-violoncelle. Un des deux gars - celui avec le sweat orange - discute avec la fille assise devant lui. Je vois juste le haut de sa tête toute blonde. Elle aussi parle français, avec un accent - mais pas le même. Le sien est traînant un peu, bleu et gris, je le connais, Judith a le même.

Elle est allemande, elle est en France pour ses études universitaires - elle a passé 6 mois en Espagne et 6 mois en France, maintenant elle rentre chez elle. Les deux gars habitent à Barcelone, près de la Sagrada Familia. Il dit que, quand on habite dans une grande ville, on a moins tendance à partir à la campagne que l'inverse. Elle dit qu'il y a une grande rupture entre les modes de vie espagnol et français : arrivée en Espagne, elle s'est fait très vite des amis. Il y avait des fêtes, beaucoup de rires. En France c'était plus dur, les gens sont moins accueillants, moins fêtards.

Au bout d'un moment, il dit qu'il ne connaît pas son nom. - Miryam. Et vous ? - Ignacio - (elle sourit) Comment dit-on en français ? Je ne sais pas s'il y a un mot... - Enchanté ? - Oui c'est ça ! Enchantée... - Oh mais ça c'est un mot, enfin c'est très... (il fait de grands gestes pompeux, ça veut bien dire ce que ça veut dire).

Ils continuent à discuter - je ne suis pas tout. Ils parlent d'Erasmus, d'études, de voyages - elle dit que si on veut aller dans deux pays différents, on doit le faire dans la foulée, elle n'a pas pu rentrer en Allemagne faire une pause - se moquent un peu des Français - il se lève pour imiter quelqu'un, elle rigole. Le deuxième gars intervient un peu - on sent qu'il parle moins bien, ou alors il est plus timide. Ils parlent un peu espagnol aussi.

Le train arrive à Strasbourg. On descend, les Espagnols sont derrière moi - la Hyène a eu le temps de me glisser que le n°2 est plutôt mignon. Ils aident l'Allemande à descendre ses bagages. Elle sourit, leur dit "Bonnes vacances, alors." Et ça prend une sonorité délicieuse.

Peut-être que ça en restera là - une rencontre, un voyage longuet devenu agréable et vivant, un bon souvenir. Peut-être qu'ils ont échangé adresses, numéros de téléphone, e-mails... et qu'ils parleront encore après. On ne sait pas.

En fait ça n'a pas d'importance.

Deux Espagnols et une Allemande, qui se rencontrent dans un train et y parlent français. Qui échangent quelques bribes de leurs vies loin de chez eux, dans une langue qui n'est pas la leur.

Bonnes vacances alors.

Tapuscrit par Sacha le Mercredi 22 Février 2006, 19:12, alors qu'elle se sentait Z'en vrac !.


Commentaires :

  Neko
22-02-06
à 21:22

    Très joliment écrit. J'avais ressenti la même chose quand j'avais croisé, l'année dernière, l'assistante allemand et l'assistand anglais en train de discuter en Français devant la salle des profs.<br />Bon retour mon Panda !<br />

  SachaPanda
SachaPanda
22-02-06
à 21:23

Bel accueil mon Chat

;-)