| Joueb.com
Envie de créer un weblog ? |
ViaBloga
Le nec plus ultra pour créer un site web. |
|
Sacha fait le tour de son nombril
Si tu regardes ton nombril et que ton nombril est intéressant, Commerçants...
Partie pour acheter des fleurs pour la Mom's (bon anniversaire, la Mom's !) j'en profite pour passer à la Poste déposer mes chèques de Noyël (il était temps !) et changer la pile de ma montre, qui ne donne plus signe de vie depuis environ 3 mois (il était temps ! bis) A la Poste, la guichetière me sourit - ce qui est plutôt rare, au risque de paraître mauvaise langue. "Pouvez-vous signer ici, s'il vous plaît ?" "Encore une signature là..." "... et une dernière ici" "Voici votre reçu" "Voici votre fiche" "Bonne journée !" Le tout de façon très naturelle, polie sans être agaçante - ça arrive souvent - rapide et efficace - ça n'arrive pas souvent. Je range mon reçu et ma fiche. Je remercie la guichetière, je souhaite une bonne journée, je sors. Je traverse la rue hors du passage piéton - la bijouterie est en face. A la bijouterie, la petite vieille derrière le comptoir est en train de discuter avec une fille de mon âge, qui cherche une gourmette pour son copain. Elle (la petite vieille, pas la fille !) appelle à tue-tête en alsacien. Un vieux monsieur sort de l'atelier, appuyé sur des béquilles - je ne vois pas ses jambes, cachées derrière le comptoir. Il a le visage tout creusé de rides, et il a l'air très silencieux, très doux. Il prend ma montre - une jolie montre rose et violette - et il retourne dans l'atelier. J'attends. J'acquièsce quand la petite vieille, toujours en pleine discussion avec la fille, m'affirme qu'à 17 ans, on a un copain - si ce n'est plus. Finalement, le vieux monsieur revient. Je vois enfin ses jambes - la droite est coupée à mi-cuisse, le pantalon bleu est enroulé et attaché sous ce qu'il doit en rester ; ça fait un choc. Il a toujours l'air très silencieux, très doux. Il me tend ma montre, me dit doucement "Voilà mademoiselle, elle trotte à l'heure maintenant" - "Je vous dois combien ?" - "7 euros tout rond". En attrapant ma montre, j'accroche un présentoir à bijoux : "Ce n'est rien mademoiselle, ce n'est rien" Je mets ma montre au poignet - ça faisait longtemps que je n'avais plus senti ce contact sur ma peau, et il m'est toujours familier. Je paye. Je remercie le vieux monsieur, je souhaite une bonne journée, je sors. La bise me mord un peu les joues, alors je mets mon bonnet. Chez la fleuriste, aucune fleur n'est sortie - on dirait que la boutique est fermée, ça fait drôle. J'entre. La fleuriste discute avec une dame qui vient d'acheter deux bouquets - je comprends qu'ils sont pour elle, et qu'elle a l'habitude d'acheter des fleurs régulièrement. Je regarde les bouquets, harmonie de couleurs et de formes. Les petits bouquets ronds, jaunes et verts, ont l'air sympathiques. Une fois la dame partie, je sors celui que j'ai choisi de son bac et le tend à la fleuriste. On achète toujours les fleurs chez elle, depuis qu'on s'est installés ici - il y a plus de dix ans. Elle nous a vu grandir, ma soeur et moi, elle nous fait des réductions à chaque fois - elle appelle ça "les 10 %". Elle prend le bouquet, commence à l'emballer dans du papier transparent qui crisse. Elle me demande quel âge ça me fait - "Seize ans" - où j'en suis dans mes études - "Je suis en première S, je vais passer mon bac blanc de français dans quelques jours" - et comment va ma petite soeur. Elle me demande ensuite si le bouquet est pour moi - "Il est pour ma mère, c'est son anniversaire aujourd'hui". Elle s'arrête, réfléchit une seconde, puis dit : "Bon alors je vais vous rajouter quelques fleurs" et elle va dans l'atelier par la porte à côté du comptoir. J'entends son fils qui babille et demande ce qu'elle fait. Je regarde encore les fleurs - ça me fascine. La fleuriste revient. De modeste, jaune et vert, mon bouquet est devenu multicolore et éclatant - des roses rouges, jaunes et rose (une de chaque), des lys blancs, de grandes feuilles vert sombre... Je dis que c'est magnifique. Elle sourit, réfléchit encore et répond, tout en recommençant l'emballage "ça fera 20 euros tout rond". C'est le prix du bouquet jaune et vert, le premier. Je paye. Je remercie la fleuriste, je souhaite une bonne journée, je sors. En passant la porte, je l'entends qui me dit "Bon courage". Pour le bac blanc de français. Le bouquet à la main, je dévale la rue qui descend vers chez moi. On est toujours un peu mal à l'aise avec un bouquet à la main, dans la rue. Il y a une sorte de déséquilibre si on le porte d'un côté ou de l'autre, et ce n'est vraiment pas pratique de le tenir à deux mains devant soi. Et est-ce qu'on peut mettre les fleurs à l'envers, ou alors est-ce qu'il faut tordre le poignet pour les laisser la tête en haut ? C'est inhabituel et un peu embarrassant, comme affaire. Heureusement, la maison n'est pas loin. Dans la cours, il reste encore les traces des chaussures de Neko, et "ses traces" que j'ai écrit à côté. Avec un petit coeur. Tapuscrit par Sacha le Mercredi 1 Février 2006, 18:55, alors qu'elle se sentait Z'en vrac !.
Commentaires :
|
à 19:01