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Sacha fait le tour de son nombril
Si tu regardes ton nombril et que ton nombril est intéressant, loral 2 franC lol kikoo (1ère partie)
--> Des lectures analytiques et autres réjouissances (mdr)
Depuis la fin de l'écrit, c'était la dernière étape à franchir avant la douce quiétude de vacances bien méritées - la dernière, et pas la moindre. L'oral. (A prononcer avec une voix grave, sourde, voire caverneuse, en faisant résonner le "a"...) Ce mot qui, durant près d'un mois (pour les motivés qui révisent à l'avance), a fait frémir la plupart des élèves de première, dont je fais partie. L'oral. Je vous explique les règles du jeu : pendant l'année entière, nous pratiquons une activité très sportive, qui demande une grande endurance du poignet et une bonne réserve de cartouches d'encre. Il s'agit des lectures analytiques (LA pour les intimes, dont je crois faire partie) : une vingtaine de textes sélectionnés sur casting par notre professeure de français, qu'ensemble nous analysons, disséquons, creusons jusqu'à la moelle pour en retirer le jus vital, et dont nous retranscrivons ladite analyse sur papier, sous la dictée tonique de ladite professeure de français - on se rappelle avec émotion cette LA bouclée en une heure chrono, gloire soit rendue à l'inspecteur, j'espère au moins qu'il fera bien son boulot. (Ma dernière phrase est un peu longue, non ?) Or donc. Les textes en question sont étudiés par catégories, aussi appelées "objet d'étude". En tant que scientifiques chevronnés (ahah), nos objets d'étude sont les suivants : Biographique, Poésie, Théâtre, Mouvement littéraire et culturel (en l'occurence le XVIIIème siècle) et Argumentation. A raison de 3 à 6 textes par objet d'étude, nous avons pu analyser un large panel d'auteurs, dont Hugo, Racine et Voltaire (les plus fréquents). Une LA possède une structure très particulière et se décompose en plusieurs parties, toujours les mêmes, que j'écrirai ici avec les couleurs que j'emploie lorsque je les écris sur ma feuille, et aussi parce que La Hyène me dit que les couleurs sur les blogs, c'est bien. Introduction : où l'on introduit le contexte de publication, les péchés mignons de l'auteur et le sujet dudit texte à analyser. Débute très souvent par la formule consacrée "Nous sommes en présence d'un extrait d'un..." (à compléter par, au choix : essai, lettre, sonnet, incipit, derniers paragraphes du dernier chapitre, tirade, ou autre). Lecture : où on doit lire le texte, en respectant les liaisons, les diérèses et les didascalies. Problématique : qui commence en général par "Nous nous interrogerons sur..." ou "Nous verrons en quoi...". Peut-être abrégée par "Probl." voire par un cavalier "Pb" qui gagne beaucoup de place. Plan : doit être annoncé clairement, en précisant s'il repose sur une lecture linéaire ou non. Se décompose en deux, voire trois grandes parties (mais c'est rare). On ne précise pas les sous-parties (quand il y en a). Développement : il s'agit de la lecture analytique proprement dite. On analyse donc le texte en fonction du plan précédemment annoncé, et en n'oubliant pas les transitions entre les parties. Précisons que les titres des grandes partie sont notées en rouge, et ceux des sous-parties en vert (les sous-sous-parties en violet ou en bleu clair, ça dépend de l'humeur) De longueur plus ou moins importante, selon l'état psychique de la professeure, la motivation des élèves, la présence d'un inspecteur et la situation temporelle (une LA de fin d'année est tout de suite plus courte qu'une du début d'année... ce qui s'explique peut-être par le problème posé par la nécessité de faire 6 lectures analytiques en moins de 2 semaines... ou par la charge de travail croissante que tout le monde, professeurs et élèves compris, doit subir au fil des mois. Notons toutefois que la responsabilité des professeurs est fortement mise en jeu dans cet aspect de la question. Et passons à la suite.) Conclusion : reprend les idées développées dans le développement, répond à la problématique et propose éventuellement une ouverture. Ou pas. Comme chacun peut le constater, la particularité d'une LA est d'être fortement chatoyante. Du moins quand, comme moi, on est maniaque et qu'on utilise plein de couleurs grâce à sa boîte de 20 stylos-feutres fins, gagnée lors d'un concours de Je Bouquine. Bref. Son autre utilité (à la LA), et d'ailleurs, concrétement la seule, c'est *hors-sujet spécial Fleur, parce que la France vient de marquer un but. La France vient de marquer un but. Fin du hors-sujet.* Je disais donc que la finalité première d'une LA, c'est d'être apprise afin d'être restituée à l'oral (à prononcer comme il se doit, pour rappel voir plus haut). D'où une structure très précise à l'écrit, qui doit être respectée à l'oral. J'ai l'impression agaçante de ne pas être très claire, je me trompe ? Ce fameux oral de français se compose, lui, de deux grands moments, précédés d'un temps de préparation de 30 minutes (j'y reviendrai plus tard). Les premières dix minutes sont consacrées à l'exposé d'une lecture analytique, choisie par l'examinateur parmi les vingt autres, exposé présenté en fonction de la problématique proposée par ledit examinateur. Cette problématique ressemble parfois très fortement à celle notée dans la LA, et se rapporte assez agréablement au plan, et parfois aussi elle n'a aucun rapport et refuse à l'élève affligé la joie de pouvoir ressortir sans y toucher le plan de la LA (hors-sujet : on se croirait dans les Teletubbies... Laa-laa, Po...). Ce genre de problématique est souvent assez peu compréhensible, et les professeurs qui en donnent sont souvent des sadiques. Mais pas toujours (je tiens à préciser que, par défaut, je tiens les membres de l'Education Nationale en très haute estime). L'élève, lors de son temps de préparation, doit alors bricoler son propre plan, y fourrer en vrac ce qu'il a retenu de la LA d'origine et trouver une réponse potable à la problématique bizarre, tout en s'efforçant d'éviter la crise de nerfs. Puis présenter le tout dans un long monologue de 10 minutes, en gardant un oeil fixé sur son brouillon, un oeil sur son texte pour y retrouver des citations, un oeil sur sa montre pour gérer son temps et son quatrième oeil sur l'examinateur en face de lui, qui n'aime pas les élèves qui annonent avec le nez dans leur copie. Suivent ensuite 10 autres minutes, pendant lesquelles le professeur, armé du descriptif retraçant tout ce que l'élève, déjà traumatisé par son premier calvaire, a fait en français pendant l'année (descriptif réalisé par la professeure, à la sueur de son front et au prix de longues heures d'insomnie) va se lancer dans un grand interrogatoire sur lesdits textes étudiés. Je fais des phrases à rallonge et j'en suis fière. Gare à l'élève s'il ose prétendre ne pas avoir étudié un de ces textes ! Le descriptif a valeur de loi, à l'oral, et l'élève a intérêt à avoir potassé le sien lors de ses révisions. Car oui, l'élève aussi possède un descriptif personnel ! (j'y reviendrai plus tard). Cette histoire de descriptif me conduit à vous parler d'une autre facette de la préparation du bac pendant l'année, que j'avais déjà mentionnée plus haut : les lectures complémentaires. Un objet d'étude possède en effet une problématique (à ne pas confondre avec celle de la LA) (un exemple de problématique rigolote, en poésie : Du lyrisme métaphysique à la modernité poétique). Problématique qui va être développée grâce aux LA, mais aussi grâce à des études de textes moins poussées, qui permettent d'avoir une vision plus vaste de l'objet d'étude, mais aussi de pouvoir comprendre la problématique, ce qui est bien pratique. Ces lectures complémentaires peuvent être des extraits d'oeuvres littéraires, comme les LA, mais aussi des articles de journaux, de revues scientifiques ou encore le Préambule de la Déclaration des Droits de la Femme et de la Citoyenne. En dehors des lectures analytiques et complémentaires, les cours de français sont l'occasion de lire des livres EN ENTIERS (et parfois ils sont super longs, ils font plus de 100 pages, c'est trop fatigant... dans ce cas on lit le premier et le dernier chapitre, et on complète l'histoire avec un résumé d'Internet), de présenter des exposés sur Phèdre ou de réciter des poèmes d'Hugo, de visionner des adaptations cinématographiques d'oeuvres littéraires, d'aller au théâtre, d'analyser des tableaux ou des photographies (on se rappelle du Verrou de Fragonard en compagnie du même inspecteur que pour la LA citée plus haut, et qui était, on l'a appris plus tard, un spécialiste de Fragonard...) et de temps à autres, de passer son week-end à pondre un commentaire composé ou ses vacances à réfléchir à une dissertation - vous savez, la seule que j'ai faite de toute ma scolarité, à part celle du bac écrit. Remarquons pour clore cette première partie que l'on passe plus de temps durant l'année à préparer l'oral que l'écrit de français. A suivre bientôt ! Tapuscrit par Sacha le Jeudi 29 Juin 2006, 09:57, alors qu'elle se sentait Z'en vrac !.
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