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Sacha fait le tour de son nombril

Si tu regardes ton nombril et que ton nombril est intéressant,
alors tu atteindras l'universel
- Henry Miller -

Un peu de diététique lourdingue dans ce monde de brutes allégées
--> C'est bon, la honte !

Certains parmi vous (oui, vous, mes hypothétiques lecteurs, qui passez par ici sans laisser de trace et qui vous composez à 60% de robots...), certains parmi vous, donc, ont peut-être encore l'utopique naïveté de penser que je suis une Vraie Fille. C'est-à-dire une créature vêtue de vêtements assortis et la mettant en valeur, qui se tartine plus ou moins subtilement de diverses poudres et crèmes colorées, et qui glousse harmonieusement à l'approche d'un membre de la gent masculine. Et surtout, qui fait attention à son apparence physique, en particulier à un élément primordial et super important : la LIGNE. La taille de guèpe, le poids idéal, la perfectitude de Kate Moss. Ben voui, on ne sait jamais, peut-être que je peux donner l'impression d'être comme ça - parfois.

Mais que certains se détrompent ! (et très vite !) Je suis PAS une Vraie Fille. Je ne suis qu'une fille. Et même, en ce moment, j'ai l'impression de tenir plus du Bibendum que d'un être humain, quel que soit son sexe. En fait, en ce moment, je mange vraiment n'importe naouak. Une journée-type de mon régime actuel (âmes sensibles et Vraies Filles en puissance, arrêtez là votre lecture...)

On commence en beauté avec le p'tit dèj : dans un état de semi-conscience léthargique, j'avale trois à quatre tartines de Nutella (des fois c'est des Krisprolls, aussi), accompagnées d'un verre d'eau et parfois, d'un yaourt aux fruits ultra-sucré (mais avec des vrais morceaux de fruits dedans, il faut quand même le préciser !). Nul besoin de dire que l'épaisseur de la couche de Nutella représente au moins le double de celle de la tranche de pain sur laquelle elle est appliquée.

Autant dire que vers 10h42, mon cher estomac commence à se manifester en plein cours de philo (quand ce n'est pas en plein bac blanc d'histoire-géo...) Bien évidemment, ayant proscrit le goûter de 10h de mon alimentation (autant pour des raisons politiques que diététiques que pratiques - il y a rarement à la maison de quoi composer un goûter de 10h, et oui c'est la dèche, le Neko confirmera il adore ça) je dois subir les vocalises assourdies de mon système digestif.

Résultat, à midi, je ne peux que me réjouir follement en me dirigeant vers le paradis gustatif de tout lycéen qui se respecte : la cantine ! Au programme : de la salade défraîchie noyée sous la vinaigrette, du pain, une rondelle de carotte et un yaourt blanc sucré. Tout cela, bien sûr, dans un environnement idéalement propice à un repas correct, c'est-à-dire au milieu des odeurs de vieille viande grillée et du brouhaha assourdissant de mes condisciples. Rien que d'y repenser, un frisson de délice me parcourt l'échine.

Mais je me dois de compléter cette vision quelque peu réductrice de mes repas de midi. Parfois, il se trouve que je mange le midi hors du lycée, avec le Neko. Ledit lycée ne se trouvant pas à proprement parler en plein centre-ville, le choix des repas est plutôt réduit. J'ai renoncé aux doners depuis l'après-midi passée à me remémorer tous les quarts d'heure celui que j'avais dégusté à midi, par le biais de rots intempestifs (j'aime faire dans la délicatesse). J'ai dû mettre un frein sur les sandwiches parce qu'il n'y en a pas de végétarien à l'alimentation générale, et que je suis très attentive au bien-être du Neko, alors je ne veux pas lui imposer ça. Et la pizzeria délicieuse et pas chère, découverte un peu tard, a fermé sans prévenir. Résultat ? lundi, c'est pâtes, et jeudi, c'est croissant au jambon (quiche pour le Neko) à la boulangerie. C'est délicieux, il faut l'admettre, mais pas hyper varié, vous en conviendrez. Et pas très équilibré non plus.

Enfin, le soir venu, je regagne mes pénates après une dure journée. Soyons objectif : je suis alors presque aussi certaine de manger un repas élaboré et original que de me réorienter soudainement vers une carrière de mannequin. Loin de moi l'idée de critiquer les talents culinaires de mes parents (et surtout leur motivation débordante pour cuisiner), je ne peux que louer la variété des plats proposés : pâtes (comme à midi !), riz, purée, oooh des légumes à la vapeur !, pizza, escalopes de poulet, patates, ah tiens un gratin de nouilles !, frites, encore des légumes à la vapeur (dans ce cas-là, c'est que c'est la Mom's qui cuisine), et re-pâtes. Et bien entendu, fromage, et c'est pas du 0% ! ("Allegé" est, chez moi, l'équivalent d'une abominable obscénité qui entraîne un châtiment immédiat impliquant des tortures immondes à base d'ongles arrachés, quand on a de la chance)...

Et le dimanche, le repas est fréquemment précédé d'un apéritif (merci ancel) et souvent suivi d'une glace dont la caractéristique principale n'est pas la légèreté. Résultat des courses : du sucré, du gras, du salé, du lourd, le tout dans des proportions dont l'équilibre n'a d'égal que la diététique. Mais, il faut bien le dire, c'est vachement bon.

Je pense exagérer à peine en présentant les paragraphes précédents comme mon régime actuel. A la réflexion, c'est plutôt terrifiant, non ? On peut s'interroger sur les causes de ce dérèglement gastronomique chronique... Bah, les hormones, le stress, la fatigue, l'hiver, la gourmandise, pour résumer : le total manque d'une quelconque forme d'autoritarisme sur moi-même (mon prof de philo dirait que mon ça a un peu trop tendance à dominer mon surmoi et mon moi, qui ont finalement renoncé à toute lutte après un semblant de résistance...). Toute velléité de régime (ou en tout cas de faire un tant soit peu attention à ce qui passe de mon assiette à mon tube digestif) est étouffée dans l'oeuf à la vision d'une assiette fumante de pâtes, délicatement parsemées d'emmental fondu. Mmmmh.

Je sais, c'est mal. Mais que celui qui résiste à un Krisprolls nappé de Nutella me jette le premier pot de Sveltesse !

Tapuscrit par Sacha le Dimanche 18 Février 2007, 21:51, alors qu'elle se sentait Râleuse.


Commentaires :

  juju
19-02-07
à 14:48

euh... moi je mets du beurre sous le nutella, c'est meilleur!!! ^^

et pis c'est pas parce qu'on aime le nutella qu'on est un bibendum (enfin moi si en ce moment, mais les raisons sont autres, heureusement!)

et franchement Kate Moss... si c'est pour vomir la moricette du midi, ou le krisprolls du matin pour qu'on voit mes côtes...

mangeons!


  Svein
Svein
19-02-07
à 18:49

C'est pas le mix tartine de Nutella  - tartine au roquefort de ce matin qui va te contredire,  Panda ...